La descente
Publié le 24 Janvier 2014
- Vous êtes contrôlée positif. Avec 20 à 30 mIU/mL, c’est confirmé vous vous êtes enceinte Madame Bouda.
- Alors heureux, elle me demandait ? Elle savait que oui. Et elle l’était aussi !
J'ai toujours en tête ce premier rendez-vous chez le gynécologue... C'est vrai. J'étais heureux. Puis je l’ai été les 9 mois suivants cette analyse. Je suis même aller jusqu’à créer un blog avec mon amie Patshou. Vous vous demandez peut être qui est-ce ?
Patshou ce n’est pas n’importe qui. Ne vous trompez pas sur la personne ! Elle ne cache pas son jeu, avec elle, même si ce n’est pas dans la règle de l’art, elle fait ce qu’elle a faire ! Elle ne se cache non plus pas derrière sa frange de cheveux… La frange elle la coupe juste à bonne auteur pour exprimer ce « Est-ce que tu m’as vu ? » pour ne rien manquer de son expression du visage, et c’est souvent beau à voir.
C’est d’ailleurs elle que j’allais voir au parc ce matin.
- Comment tu vas Zaza ? Ça roule ? Pas trop stressé ? Non El mouchacho on a dit que ce jeu est exclusivement autorisé à la maison. (Patshou fait toujours des phrases courtes avec les adultes, car elle peut à tout moment être surprise par son devoir de maman.)
- On s’approche du Jour J Patshou! Et non, lui dis-je, pas trop stressé. Je m’impatiente. Je sais que c’est peut-être qu’une question d’heures, la nuit dernière elle a eu quelques douleurs, je me demande si ce n’est pas des contractions.
A peine dit ça que je reçois un SMS de ma femme qui disait texto « Hop ».
C’est un code entre elle et moi, qui a bien fait rire Patshou quand je lui en expliquais la signification. Et l'SMS suivant disait « Hip ». Pas d’erreur. Ce n’est pas une fausse alerte.
- Patshou, faut que je te laisse ! Embrasse la famille.
- Zaza ton portefeui… Eh bien, toujours aussi rapide… Je ne l’aurais pas cru avec ce ventre. Bon. « Allo, chéri ? Tu gardes El secundo, je file rattraper Zaza, il a oublié son portefeuille. »
Dans l’urgence et dans la joie je courrais vers ma voiture. Arrivé au parking payant, je me rends compte de l’absence de mon portefeuille, et donc du ticket du parking, et du problème que j'aurais à sortir ma voiture de là. Mais ça ne m’arrêtera pas. Je retourne à la barrière d’ouverture, pique un ticket et je fonce au volant de ma voiture, je démarre au quart de tour puis je pars en burn direction la maternité. Arrivé à la sortie du parking, j’ai été surpris par deux choses: d'abord que la barrière s’est ouverte sans problème, ensuite que la police m’y attendait, en me faisant signe de sortir de la voiture.
Sorti de la voiture, deux options s’offraient alors à moi : soit la fuite avec un prétexte valable, soit la négociation. L’art de la négociation est probablement inné chez les maghrébins comme moi… Mais la police, c’est notre talon d’Achille ! Alors Zaza… cours !
Dans l’urgence et dans la peur cette fois-ci je courrais vers n’importe où en me retournant de temps en temps afin d'évaluer la distance que me séparait des policiers. Je n'ai pas compris pourquoi une Citroën AX faisait blocage à la police à cet instant mais merci ! Je saisi l’occasion pour monter dans le premier bus qui arrive… mais où avais-je la tête. Le bus allait dans le sens inverse de ma course. La police qui n'a pas manqué de rire un bon coup voyant mon action débile arrêta le bus, et pas d’échappatoire possible. Ils m'embarquèrent tête baissée, direction la voiture de police, et je sentais mon téléphone vibrer… et ces vibrations me firent frissonner tout le corps, c'est l'appel de ma femme. Elle a besoin de moi. Pas dans 15 minutes. Pas dans un jour. Elle a besoin de moi maintenant. Alors réfléchis Zaza, réfléchis vite, trouve une solution… mais dans ma tête c'est le vide total. La voie est sans issue. On m’a bien eut.
