A la rescousse

Publié le 6 Février 2014

- Alors vous avez pris tous ces risques pour être à côté de votre femme ? Me demandait l'agent de police.
Il était sincère et pour la première fois, j'avais retrouvé l'espoir de sortir tranquille de ce pétrin.
- Oui, c'est important pour moi, pour elle, et pour le bébé.
- Et c'est un garçon ou une fille ?
Merde la question piège !
- Je ne sais pas. Ma femme ne veut pas savoir.

Quand tu réponds "je ne sais pas" à une question d'un agent c'est trop mauvais.
- Mais vérifiez sur mon téléphone Mr l'agent, et écoutez le répondeur, je suis sûr que les messages valideront mes propos.
- OK.
Il se lève, se dirige vers son bureau pour récupérer mon téléphone du tiroir dans lequel il avait déposé mes affaires personnelles.
En jetant un coup d'oeil sur le parking, il n'a pas été surpris par la présence d'une Citroën AX. La même Citroën AX qu'il avait gêné au parking ce matin. Il n'a non plus pas été alerté par l'absence de son binôme.

Depuis ce matin j'avais le pressentiment qu'on allait venir m'aider, et ce biscuit Dino, y a aucun doute, c'est Patshou. Mais comment ? Une chance sur 2 qu'elle soit déjà sur les lieux… Si elle voit la scène, elle agira en conséquence…
- Monsieur Bouda, vous avez en effet beaucoup d'appel de votre femme. Ah ! Ca vibre. Patshou qui t'as envoyé « Hop ».
J'ai des palpitations. Je gigote sur la chaise, j'essaye de la faire plier et de la faire céder au poids. Mon téléphone vibre encore une fois.
- Ah !! « Hip » !! C'est ton dieu du hip-hop qui t'envoi des messages ! Rajouta l'agent !
C'est ça deuxième blague pourri de la journée, il en rigole encore ! Et je saisi l'occasion pour m'agiter un maximum. Ca y est! La chaise craque, elle n'a pas résisté à mon poids plus d'une minute, mais je pèse combien en fait?!
La seconde d'après, j'entends la porte s'ouvrir violemment : c'est Patshou accompagnée de Frédérico. Frédérico pris l'agent de ses deux bras pour le déposer dans la cuve des toilettes (qui au passage, étaient bien bouchées). Patshou me tendait sa main pour m'aider à me relever et avec le sourire elle me disait "Zaza, suit moi !". Je pris sa main pour me relever avec un sourire qui en disait long : direction l'AX.
- Tu es sûre Patshou de pouvoir semer les flics avec une Citroën AX 4 vitesses ?
Je vous ai dit qu'elle était parfois belle à voir derrière sa frange, non? Et bien là, j'ai rien manqué de la belle expression de son visage quand elle m'a souri et m'a dit "Fais moi confiance".

Elle m'a raconté les faits. Au parc elle m'a couru après parce que j'avais oublié mon porte-feuille. A la sortie du parking, elle a vu ce qui se passait sans trop comprendre au départ. Puis elle a vu ma course poursuite, et pour que je ne manque pas l'accouchement de mon épouse, elle m'a couvert. Puis elle m'a trouvé trop nul dans le bus. Elle m'a même dit qu'il se peut que se soit vrai… tout le monde déteste Zaza. Le coup de la factrice, elle l'a fait au culot: elle a emprunté la veste posée sur le vélo du facteur, mis ses lunettes de soleil, détacha ces cheveux et elle entra dans les locaux de la police municipale tête baissée, couverte par sa frange (repérage des lieux oblige). Quand elle repassa plus tard dans l'après-midi pour déposer une main courante, elle a joué de sa curiosité pour faire la visite des locaux et me laisser des signes de son passage.

C'est pour me libérer qu'elle a fait fort… Elle guettait par la fenêtre ce qui se passait et au moment où l'agent m'amena à la salle d'interrogatoire, elle appella L'Homme pour lui dire ce qu'il en était.
- Comment ça s'annonce ?
- Très mal… Il est encore au commissariat.
- OK, je prends El mouchacho et El secundo. Pas le temps à perdre, on fonce.

A la rescousse

Rédigé par Zaza et Patshou

Publié dans #la nouvelle

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article